Dans la Maison de...Olivia Pandza

Olivia est une battante. A 22 ans, la vie lui offre un bébé surprise. Un petit garçon qu’elle décide d’élever seule avec l’aide de sa famille. Après une carrière intensive dans la mode, elle se libère de ce carcan pour se consacrer entièrement à son fils. C’est avec beaucoup d’émotions qu’elle nous raconte cette merveilleuse aventure et ce long chemin parcouru aux côtés de celui qu’elle appelle aujourd'hui, l’amour de sa vie. 

“Je m’appelle Olivia, je vis à côté de Paris dans le 77 en Seine et Marne, à la campagne. Il fait bon vivre à Meaux ! Dans la vie, je suis chasseuse de tête depuis environ trois mois. Avant cela, j’ai fait des études de communication. Puis, j’ai débuté dans le monde du travail comme attachée de presse pendant plusieurs années. Dernièrement, j’étais embauchée dans une agence de presse renommée et mon principal client était une très grande marque de mode. Le sud de la France et le parfum de la lavande, ça vous parle ? J’ai beaucoup aimé accompagner ce créateur. J’en tire une certaine fierté. Aujourd’hui, j’ai complètement changé de vie. Je suis dans l’univers de l’IT. Je recrute des développeurs, des chefs de projets… Ce revirement de situation est un choix de raison. Pourquoi un tel changement ? Tout simplement car je suis maman solo et qu’avec le confinement, je me suis rendue compte que pendant très longtemps ma vie professionnelle passait avant ma vie privée. A la maison avec mon fils, j’ai réalisé qu’il avait grandi. Et que je ne l’avais pas vu grandir. Le monde des relations presse est un monde qui ne me correspond plus. Travailler dans la mode c’est dur. On ne compte pas ses heures. Je travaillais sept jours sur sept. Ma dernière expérience a été intense. J’adore la mode mais je veux désormais que cela reste ma passion. J’ai besoin d’un cadre avec un vrai respect de ma vie personnelle et un environnement sain. Je veux pouvoir récupérer moi même mon fils le soir. 

J’ai un petit garçon de cinq ans. Six dans une semaine ! Il s’appelle Jayden. Je l’aime du plus profond de mon cœur. Nous avons une relation incroyable et fusionnelle. J’ai découvert que j’étais enceinte lors d’un stage... Un beau jour, mes règles ne se sont jamais manifestées. A force de nous côtoyer, ma collègue et moi avions un cycle similaire. Je lui avais demandé de me prévenir lorsqu’elle les aurait. C’était mon ultimatum pour faire un test de grossesse. Quelques jours plus tard, me voilà au pied du mur. Un test entre les mains, un dimanche à six heures du matin. Il était positif. Je n’y croyais pas. Je me disais “ce n’est pas possible. Je ne peux pas être enceinte”. A l’époque, je ne me voyais pas avorter. Je suis très croyante. Si Dieu m’avait donné ce bébé, ce n’était pas pour rien. Je pouvais l’assumer. A aucun moment, je n’ai regretté ma décision. Le bonheur que je partage chaque jour avec lui est incroyable. Il est ma raison de vivre. C’est pour lui que je me lève le matin.

Ma grossesse a été un cauchemar. J’ai mis beaucoup de temps à pouvoir en parler. Sept ans plus tard, j’en garde un souvenir marqué. On nous vend un rêve “la grossesse c’est merveilleux, c’est magnifique, on sent bébé bouger, on partage notre corps…”. C’est peut-être tabou, mais personnellement j’ai détesté. Je fais partie de ces femmes qui n’aiment pas être enceinte. J’ai pris trente kilos. J’avais de la tension. Jusqu’à vingt. Le personnel médical avait diagnostiqué une suspicion de pré-éclampsie. J’ai été hospitalisé une semaine, sous perfusion, afin de canaliser mes contractions. Un de mes docteurs, par peur d’une éclampsie, voulait me déclencher. L'éclampsie est une crise convulsive généralisée de la femme enceinte dans un contexte d'hypertension gravidique. Il s’agit de la complication majeure de la pré-éclampsie. Une pathologie qui peut être fatale pour la maman et le bébé. Finalement, on me renvoie chez moi avec un traitement pour stabiliser la tension, ainsi qu’un tensiomètre à utiliser à la maison. J’ai enchaîné les monitoring et les aller-retours à l'hôpital. Un jour, craignant d’avoir perdu les eaux, je file à la clinique. On me garde en observation toute la nuit. Ma tension est toujours haute. Les médecins décident de me déclencher. 

Mon accouchement a donc été provoqué à sept mois et trois semaines de grossesse. J’ai passé toute une journée à deux doigts, mon col ne s’ouvrait pas. A la tombée de la nuit, on m’a annoncé que j’allais devoir subir une césarienne d’urgence. Cette foutue tension ne diminuait pas. Le cœur du bébé risquait de ralentir. Je n’étais pas prête. C’était trop tôt. Je n’imaginais pas du tout mon accouchement de cette manière. Je n’ai pas eu la magie dont je rêvais. Celle que l’on voit à la télé, dans les émissions de maternité. J’ai vécu ma césarienne comme une opération. On m’a emmené au bloc. Tout du long je n’ai fait que pleurer. Je criais. J’avais mal. Heureusement, l’équipe hospitalière a été incroyable. Ils m’ont énormément soutenue et rassurée. J’ai appris par la suite grâce à des prélèvements, que je faisais effectivement une pré-éclampsie. Le docteur qui a pris la décision de me déclencher m’a sans doute sauvé la vie.

Comme je le disais, je suis maman solo. A l’époque, le papa n’était pas prêt à être papa. Je ne cache pas qu’au début le regard des autres était compliqué à gérer. Les gens se questionnent quand on entre en salle d’accouchement sans son conjoint. Entre le père de Jayden et moi, il y a eu des moments très difficiles. Des hauts et des bas où on ne s’entendait pas. Il a fallu du temps pour trouver notre équilibre autour de cet enfant.  Près de 3 ans. Aujourd’hui, il endosse son rôle à la perfection. Il est présent pour son fils. On fonctionne sur un mode classique de garde partagée. Un weekend sur deux et la moitié des vacances. Quand j’ai besoin d’aide, il est toujours disponible. Ils ont une très belle relation. Ils sont proches et rigolent beaucoup. Il nous arrive de passer des moments à trois. Cela se passe toujours très bien. L’essentiel dans cette situation est de ne pas penser à nous. C’est de penser à lui et à son épanouissement avant tout. Je souhaite à tous les parents séparés de pouvoir accéder à cela. 

Etre mère célibataire est parfois difficile. On est souvent seule. La majeure partie du temps, Jayden est avec moi. Ce n’est pas toujours évident. C’est sans répit. On ne peut pas se reposer sur l’autre. Au-delà de la situation avec son papa, je suis très bien entourée. Ma maman et mes frères sont présents. J’ai une famille incroyable qui m’aide au quotidien. Grâce à tout ce soutien, je peux avoir une vie de femme. Depuis que je suis maman, je n’ai jamais eu à mettre cette facette de ma vie entre parenthèses. Je sors souvent avec mes copines. On va au cinéma, au restaurant, en soirée… J’ai de la chance d’avoir des amies compréhensives. Je suis l’une des premières de mon cercle proche à avoir un enfant. Personne dans mon entourage ne m’a lâchée suite à ma grossesse. Personne. Je ne les remercierais jamais assez. 

Vivre seule avec Jayden est avant tout une source de joie. Quand je rentre à la maison après une journée difficile et que je retrouve mon fils, c’est un bonheur absolu. Cette bouille. Son sourire. Il est tellement adorable. Tellement gentil. C’est l’amour de ma vie. Notre relation n’a pas de prix. C’est mon rayon de soleil. Je l’aime à un point inimaginable. Parfois je me pose la question, l’amour que j’ai pour lui est si fort que je ne sais pas si je pourrais avoir un deuxième enfant.  Peut-on aimer autant une seconde fois ?

Avec lui, je suis une maman cool. Mon fils, c’est mon pote (rire) ! Les gens rient de notre complicité. Je ne suis pas autoritaire. A défaut de cela, je sais être ferme avec lui. Il connaît ses limites. Avant d’en arriver là, ça n'a pas toujours été facile d’imposer mon respect. Comme tous les enfants, il peut être têtu. Il m’est arrivé de pleurer. C’est un garçon qui a beaucoup d’énergie et qu’il faut canaliser. Il faut l’occuper en permanence. J’essaye de lui donner énormément. Je l’ai beaucoup gâté. Je continue bien sûr, mais de manière raisonnable. Mon fils a toujours ce qu’il veut, mais pas tous les jours. Je me focalise sur les anniversaires, à Noël, ou en guise de récompense. C’est pour lui que je travaille. Je veille à ce qu’il ne manque jamais de rien. Cette éducation en fait une personne pleine de joie. Je l’aime et je l’aimerai toute ma vie. Je suis sa petite maman ! J’aimerai lui transmettre l’amour de soi. Qu’il ait confiance en lui et qu’il s’aime pour pouvoir donner de l’amour autour de lui. Je veux qu’il ait de vraies valeurs et de vrais principes. Si je réussis, alors j’aurai tout gagné.” 

Olivia Pandza

 

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