Dans la Maison de...Ambre Guillaumond

Je m’appelle Ambre et je viens tout juste de fêter mes 30 ans ... Native de l’île de la Réunion, j’habite à Royan, une jolie station balnéaire de la côte Atlantique depuis mes 7 ans. Plus précisément, nous y avons posé définitivement nos valises avec mes parents lorsque je soufflais ma douzième bougie. 


Après l’obtention de mon baccalauréat, j’étais très attirée par les métiers de la communication. J'ai alors fait des études dans ce domaine pour avoir la vision stratégique nécessaire. Profitant de l’avènement du digital, je me suis spécialisée et j’ai obtenu une licence dans la création de sites internet à l’école Les Gobelins - l’École de l’image. Malheureusement ou pas... La vie en a voulu autrement. Désirant fonder une famille loin des grandes villes, j’ai fait face à la difficulté de l'embauche dans ce domaine à Royan. J'ai alors fait un peu de tout! Je suis, aujourd’hui, Auxiliaire Assistante Vétérinaire. 

Ce cadre de vie idyllique me permet d’avoir une famille en or avec mon amoureux Thomas. Nous sommes les heureux parents d’un petit Oscar, notre premier fils, né en septembre 2018. De nouveau enceinte, nous attendons bientôt un deuxième garçon au prénom encore indécis...

Thomas et moi, nous connaissions depuis nos quinze ans. Notre histoire d’amour a pris un tournant décisif un soir d’été 2010 après une nuit arrosée au Rancho (les habitants de Charentes Maritimes seront de mon avis, le Rancho de Saint Palais Sur Mer a favorisé plus d'une belle rencontre !). Onze ans plus tard, notre couple fonctionne toujours ! Ces retrouvailles et ce coup de foudre furent une magnifique surprise. Tout comme la première grossesse…

Avoir des enfants, on en parlait mais nous n’étions pas vraiment prêts à franchir le cap. Entre nous, le sujet était détourné sous forme de blague. Par exemple, Thomas faisait comme si il y avait un bébé dans mon ventre... Mâlin ! Nous l’avons su plus tard, mais à ce moment-là, j’étais sans le savoir, déjà enceinte d’Oscar.  

Le nouvel an arrivait et je me sentais fatiguée. Etrangement, je n’avais pas du tout envie de boire de l’alcool. Certains faisaient déjà des allusions mais nous avons attendu une semaine supplémentaire pour que je fasse un test de grossesse. Je n’en voyais pas l’intérêt puisque pour moi, je n’étais pas enceinte. Très vite, les deux petites barres sont apparues. Le choc était fort, j’étais submergée par l’incompréhension. Puis, on jaillit des larmes de peur, de joie. Je me répétais en boucle « Hein ? Quoi ? Mais comment ?! ». La réaction du futur Papa est restée également dans les annales. Monsieur avait une petite migraine de lendemain de soirée. Je l’appelle et en larme, lui montre du doigt le tube blanc et bleu posé sur la table… Ces premiers mots, le sourire aux lèvres et les étoiles plein les yeux : « Oh put*** » ! 

Aujourd’hui, nous le disons haut et fort, notre Oscar n’est absolument pas une erreur mais notre première réussite et notre plus belle surprise. 
J’étais une femme enceinte des plus heureuse. Mes cheveux étaient resplendissants, j’avais une peau magnifique, des ongles qui n’avaient plus besoin de manucure... Mis à part la prise de poids, ma grossesse était parfaite de A à Z. A mon sens, entre ce que racontent les uns, les autres, les articles de presse, les forums ou les récits de mères, chaque grossesse, chaque accouchement est une expérience incomparable et personnelle. Je n’ai faite aucune préparation pour l'accouchement, uniquement quelques rendez-vous avec la sage femme. Peut-être aurais-je dû ?

Mon accouchement a été très compliqué et il m’a valu une césarienne en urgence et deux semaines d’hospitalisation pour Oscar. Mon petit bébé de 2kg550 qu’on avait estimé à 3kg800 avait une faiblesse cardiaque. Il avait du mal à supporter les contractions et il oubliait de respirer. Rien ne nous laissait penser à un tel scénario pour sa naissance. Tout a commencé par une douleur au petit matin. J’ai rapidement dit à Thomas que c’était pour aujourd’hui. Nous avons appelé la maternité et nous avons pris la route, tandis que la douleur grandissait et cela me confirmait que c’était bien le jour J.

Nous sommes arrivés à la maternité de Saintes aux alentours de treize heures. Nous avons été installés dans une première chambre pour vérifier mon col. Le corps médical nous a confirmé que j'étais bien en travail. Malgré l’excitation, le temps était très très long... En particulier quand le papa a décidé de prendre le lit et de dormir pendant que je faisait du ballon ! Puis, le moment magique de la péridurale est arrivé. A partir de ce moment là, je ne me souviens plus vraiment. J’étais complètement « zen ». J’en ai profité pour me reposer. 

Les heures passent et sans vraiment que nous nous rendons compte, elles deviennent des minutes. Le médecin obstétrique de garde s'est présenté en plus de la sage femme ... bon signe ? Pas vraiment mais sur le coup, je ne comprends pas. Thomas, non plus. C’est notre première fois. Personne ne nous a donné d’explications supplémentaires. Ils m’ont annoncé que le moment était arrivé. J'allais pouvoir commencer à pousser. Rapidement, le médecin a pris le relais et il m’a expliqué que si les cuillères ne marchaient pas, c’était nécessaire de faire une césarienne en urgence. Mon bébé était en détresse fœtale avec des arrêts du cœur. Pour faire court, nous n’y avons pas loupé. « CODE ROUGE ! ON Y VA ». Tout s’enchaînait. Les médecins se sont donnés quinze minutes pour sortir le bébé pour une fin heureuse... douze minutes plus tard, nous sommes devenus parents.  

A ce moment-là, Thomas a dû prendre son rôle de papa au sérieux. Il m’était impossible de faire quoi que ce soit. Après mon passage sur la table d’opération,  j’ai fait un tour en salle de réveil... Je n’ai rencontré Oscar que 4h après avoir accouché. Lui qui n’avait jamais changé de couches, n’avait jamais porté de bébé, il a dû tout faire. Le premier peau à peau, le premier biberon, la première couche, le premier bain tout tout tout. On s’était mis d’accord. S’il arrivait quelque chose, il devait suivre le bébé ! De mon côté je devais faire mon possible pour les retrouver. Il a assuré sur tous les plans. Un papa parfait. 

Toujours à l’hôpital, ils nous ont annoncé qu’Oscar devait faire deux séances de trois heures chacune de lampe bleue. La pédiatre a emmèné notre bébé mais il n'est pas revenu. Oscar présentait un taux d’oxygénation très bas, il oubliait de respirer. A trente six heure de vie, il est admis en néonatalogie. Ce fut l’un des pires instants de ma vie. Voir mon fils de quelques jours, branché à des fils et me sentir impuissante a été très difficile. Oscar est resté treize jours sous surveillance à subir une batterie d'examens, d’échographies... Un traitement de faveur qui s’est avéré efficace, puisqu’aujourd’hui, c’est un petit garçon en pleine forme! 
Le retour à la maison n’était pas associé au stress mais plutôt à une libération. Fini les visites toutes les trois heures, les blouses blanches et les bips des machines. Le défi suivant était l’allaitement. Je ne me suis jamais vraiment posé la question si j’allais le faire ou non. C’est venu naturellement. En revanche, j’aurais aimé être prévenu. Ca fait mal ! Montée de lait, crevasses… La mise en place est intense. Mais une fois ce cap passé, quel bonheur d’avoir son enfant bien contre soi ! J’ai adoré allaiter. J’ai pu le faire pendant sept mois et demi. La difficulté dans l'arrêt d'allaiter, c’est qu’on coupe une nouvelle fois ce lien entre la mère et le bébé.  

Avoir un enfant est une expérience merveilleuse. Nous avons eu de la chance, dans notre cercle d’amis, nous n’étions pas les seuls à découvrir la parentalité. Nous étions tous sur la même longueur d’ondes et cela nous a permis de nous accorder. 

Naturellement, nous avons décidé de recommencer l'aventure avec un nouveau petit être ! Au moment où j’écris ces mots, je suis enceinte de 6 mois.  

Cette grossesse est complètement différente. Tant physiquement que mentalement. Il n’y a plus l’effet de nouveauté. J’ai désormais la double expérience des nausées matinales, qui ne sont pas seulement matinales... Ainsi que tout ce qui va avec. Le contexte de crise sanitaire n’est pas sans nous mettre des bâtons supplémentaires dans les roues. Être enceinte avec un travail et un petit de deux ans et demi à la maison est compliqué... Ce n’est pas simple tous les jours ! Heureusement, Oscar m’aide beaucoup et il est très attentionné. Il veut me mettre de la crème sur le ventre et il veut déjà faire des bisous au bébé. Même le choix du prénom est différent. Cette fois, c'est impossible de trouver ou de se mettre d’accord. Personnellement, j’en ai un en tête mais le papa est réticent… S’il me lit ! Une seule chose est pareille... le sexe ! Encore un garçon ! Je dois l’avouer, j’aurais aimé acheter des barrettes, des jupes et des robes... Tant pis, ça sera pour le plaisir de mes copines qui ont des filles. Je suis l’heureuse maman de deux petits garçons en bonne santé et c’est tout ce qui compte. C’est le plus important.  

A trois c’est bien, à quatre c’est mieux !
 
MAISON BAMBAYA - Dans la Maison de...Ambre Guillaumond
Ambre et Oscar