Dans la Maison de...Sophie Houdré

Après presque neuf ans dans le stylisme photo dont sept au prestigieux magazine de mode Numéro, Sophie Houdré accepte un poste de visuel merchandiser pour l’ouverture des Galeries Lafayette Champs Elysée. Parisienne pure souche, c’est avec beaucoup d’humour et de franc parler qu’elle évoque la maternité: ses joies, ses difficultés, et l’amour sans limites qui la lie à sa petite famille. Jérôme, Gaïa, sans jamais oublier Bouddha. 

“Je m’appelle Sophie et je suis la maman de Gaïa âgée d’un an et demi. Je suis parisienne et fière de l’être ! J’ai grandi dans le cinquième arrondissement, baignée dans un amour inconditionnel pour Paris, ses lumières, et tout ce que cette ville représente. Je vis avec mon âme sœur, Jérôme. Nous sommes ensemble depuis bientôt huit ans. Il est rentré dans ma vie juste après Bouddha, un petit spitz, mon alter ego, l'être le plus adorable sur terre. J’ai rencontré Jérôme lors de mon premier jour chez Numéro. J’ai littéralement flashé sur lui. LE coup de foudre. J’ai mis quelques mois à l’apprivoiser et à faire en sorte qu’il succombe lui aussi à mes charmes ! Nous avons emménagé ensemble quasiment tout de suite et nous ne nous sommes plus jamais quittés. 

 

MAISON YAYA - Dans la Maison de...Sophie Houdré

Sophie et Jérôme

 

Après quelques années de concubinage, Jérôme me parlait d’avoir des enfants. De mon côté, je ne me sentais pas prête. Nous avons essayé une première fois. Je suis tombée  enceinte assez vite mais j’ai fait une fausse couche à deux mois. Sans doute à cause d’un malheureux accident de scooter. Ce fut Bouleversant. A l’époque, je pensais que ça n’arrivait qu’aux autres. Nous avons attendu un an avant de recommencer l’expérience. J’avais beaucoup d’appréhensions et de craintes. Pourtant, de nouveau enceinte, j’ai été envahie par un sentiment de plénitude. Tout se déroulerait à merveille. Je le sentais. Après la première échographie de datation et les mots rassurants du médecin, mes peurs se sont envolées. J’ai vécu une grossesse extraordinaire. Elle m’a changé en tout point. Habituée à une alimentation assez rudimentaire à base de malbouffe, de plats gras, de frites et compagnie, j’ai été prise d’une véritable obsession pour les fruits et les légumes. J’avais envie de manger très sainement. Quand mon primeur a fermé pour les congés d’été, je me suis effondrée en larmes ! Je n’ai pris que six kilos. Je me sentais belle ! J’avais envie de me bichonner, de me looker. J’étais très bien dans ma peau. J’ai trouvé incroyable de partager ces neuf mois avec mon bébé, de le sentir bouger. Les gens ont aussi un regard bienveillant quand tu es enceinte. Partout, tu te sens protégée…

Dans la même veine, mon accouchement s’est avéré parfait. Pour l’anecdote, j’étais presque à terme, il me restait une semaine tout pile. J’avais rendez-vous pour un dernier contrôle à l’hôpital le matin même.

Les mois précédents, j’avais eu des cours de préparation avec ma sage femme. Elle avait vraiment insisté sur le fait qu’il ne fallait pas partir trop tôt à l'hôpital et ne pas paniquer. J’ai pris ses indications à la lettre. J’ai eu mes premières contractions vers 1h30 la nuit du jeudi au vendredi. J’ai réveillé Jérôme. Je lui ai dit que nous n'étions pas pressés et qu’il pouvait dormir encore un peu. Je suis allée prendre un long bain. Je me suis lavée les cheveux, bien habillée, maquillée, coiffée... Au début, je lui disais en rigolant que les contractions, ça n’était pas si terrible ! Il est ensuite sorti promener notre chien Bouddha... Lorsqu’il est remonté, il m’a dit “Bon, tes contractions commencent à être de plus en plus rapprochées et on a bien trente minutes de Uber devant nous jusqu’à l’hôpital. Il ne faudrait peut-être pas tarder”! J’avais réussi à tenir jusqu’à 4h30 à la maison ! Jérôme a eu du flair. Tout s’est emballé sur le trajet. La route m’a paru être interminable. J’ai commencé à me débattre dans tous les sens. Le chauffeur était terriblement silencieux. Je pense qu’il était effrayé à l’idée que j’accouche dans sa voiture. Enfin arrivés à l'hôpital, cet abruti m’a dit en m’ouvrant la porte « passez une bonne soirée madame » ! J'étais à un niveau de douleur record. Il ne m’était quasiment plus possible de marcher. On a mis dix minutes à faire deux cents mètres. Sur ces deux cents mètres, j’ai bien entendu perdu les eaux. C’est apparemment le combo gagnant pour une douleur ultime ! Arrivée à l’accueil de la maternité de Port Royal, j’étais comme en trans. Chaque contraction provoquait en moi une douleur si forte que je poussais des cris de sauvage. Jérôme me regardait avec un petit sourire en coin. Avec le recul, je pense qu’il était mort de rire intérieurement. Je lui ai hurlé dessus “ça t'amuuuuuse hein ?  T’es vraiment un connard !!!” Bref… J’étais hystérique !

Très vite, une sage femme m’a ausculté et m’a dit : “Je comprends mieux votre douleur madame, vous êtes dilaté à six centimètres. On part en salle d’accouchement tout de suite”. Ils m’ont posé la péridurale. Ce fut une libération. Je n’avais plus aucune douleur. C’était incroyable ! Ensuite, tout était calme et serein. Nous avons été très bien accompagnés. L’équipe médicale était formidable. Nous avons pu nous reposer un peu avant que mon col soit totalement ouvert et que l’on s’y mette vraiment. Lorsque j’ai commencé à pousser, il y avait comme une ambiance de fête. C‘était drôle! Tout le monde m’encourageait jusqu'à ce que j’entende « crac » ! Sans savoir d'où ce son provenait, j’ai continué à pousser. Notre petite croquette d’amour est née à 11h19.

La naissance de son enfant, c’est un sentiment irréel. Dès que nous avons rencontré Gaïa, nous l’avons trouvé sublime. Elle nous a sourit, Jérôme était ému comme jamais. Nous n’avons prévenu aucun proche. Nous avons vécu cette expérience rien que tous les deux jusqu’au bout. C’est un souvenir merveilleux. La mauvaise surprise est arrivée une fois la péridurale dissipée. Le bruit assourdissant de la poussée provenait de mon coccyx.  J’ai souffert le martyr des suites de mon accouchement. Pendant trois semaines, il m’était impossible de m’asseoir. Ce n’est vraiment pas l’idéal quand on vient d’avoir un bébé. Ma chute hormonale a également été très intense. J’ai passé mon séjour à la maternité à pleurer. Sans raison. J’étais heureuse, mais je n’arrêtais pas de pleurer. Le retour à la maison s’est très bien passé. Nous avons pu faire les présentations avec Bouddha, faire découvrir à Gaïa sa maison et faire les premières présentations avec nos amis. 

Après ces quelques jours d'effervescence, Jérôme est retourné bosser. Cela a été très difficile pour moi. J’ai ressenti un grand vide. Je me sentais prise au piège dans ma nouvelle vie. Je suis quelqu’un d’hyperactif. J’adore être dehors, être avec du monde. Je me suis sentie seule avec mon nouveau-né. J’avais peur que par ma faute, il lui arrive quelque chose. Je ne me sentais pas à la hauteur, je ne me sentais pas « maman ». J’avais peur de ne pas assez l’aimer, de mal faire le job. Jérôme travaillait beaucoup et rentrait tard le soir. Parfois, il m’est arrivée de passer la porte d’une pharmacie « pour parler avec quelqu’un d’adulte». Ce sentiment a duré trois mois. J’ai trouvé terrible de vivre des moments si opposés en une fraction de seconde. Pendant la grossesse, tu es très entourée par ta famille, tes amis et le corps médical. Tout d’un coup, plus rien. La maman n’existe plus. Il n’y a plus aucun suivi. C’est comme vivre un confinement seul sans comprendre ce qu’il se passe. J’ai un tempérament assez “dramatique”, mais je me suis beaucoup écoutée. Dire à mon entourage que cela n’allait pas m’a beaucoup aidé. 

Bien que son boulot soit prenant, Jérôme s’est toujours montré présent pour notre famille. Il essaye au mieux de m’aider, de me comprendre et de m’aimer encore plus fort. Malgré mes crises d’hystérie, soyons honnêtes, j’étais ingérable, notre amour n’a pas changé. Je dirai même que nous nous aimons encore plus fort depuis l’arrivée de notre petite croquette. Nous avons aussi l’immense chance d’être épaulés par ses deux parents que j’adore. Ils ne vivent pas loin. Ils s’occupent régulièrement de Gaïa depuis ses deux mois. Souvent, nous leur confions notre petite fille du vendredi soir jusqu’au samedi après-midi. Cette garde est libératrice pour notre survie mentale ! Elle nous a permis de nous retrouver en tant que couple, de voir nos amis et de faire en sorte que personne ne « se sacrifie » pour veiller Gaïa le soir.

Aujourd’hui, ma fille est ma raison de vivre. C’est la personne la plus inspirante que je connaisse. Elle est vive, maligne, drôle et sublime. Ce sont mes yeux de maman qui parlent ! Enfin ! Elle me surprend un peu plus chaque jour. Je suis déjà tellement fière d’elle. Sur ce point, on est d’accord à 100% avec son papa. Aussi, notre chien est littéralement son meilleur ami. Elle le réclame en permanence. Elle tient sa laisse quand on le promène. A la crèche on me demande « qui est Boubou ? ». C’est un des premiers mots qu’elle a dit ! Cet amour est réciproque...ou adore-t-il le fait qu’elle soit une proie facile au vol de biscuit ? Le mystère reste entier. Quand elle sera grande, j’aimerai que ma fille se sente libre ! Libre de faire ce qu’elle aime dans la vie. Qu’elle soit fière de ce qu’elle est et qu’elle aime les gens qui l’entourent comme nous le faisons avec Jérôme. Aimer, c’est le plus important pour être heureux."

Sophie Houdré

 

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 Sophie et Gaïa