Dans la Maison de.... Julia Maufay

Julia Maufay est cheffe d’entreprise de sa propre marque de bijoux April Please. Depuis plus d’un an, elle est l’heureuse maman d’une petite Charlie. Elle évoque avec sincérité les chamboulements liés à l’arrivée de bébé, la question de l’équilibre à trouver quand tout est déséquilibré avec l’envie de dénoncer le manque de préparation à la maternité. Mais promis, le bonheur est à la clef. Elle nous raconte… 


« Je commence par ce qui nous unit aujourd’hui avec mon chéri : Charlie. Notre petite fille a eu un an le trente décembre. Elle est toujours très souriante, les yeux qui pétillent et de bonne humeur. Un vrai rayon de soleil comme le disent si bien ses grands-parents. Je pourrais passer ma journée à lui faire des bisous sur les joues. 

Ensuite, Jean-Baptiste, 30 ans, mon mec, mon confident, mon meilleur ami, mon coach professionnel, ma moitié, son Papa. Entre nous, ça été très simple et évident dès le début.  

Puis, Archibald et Poncho, nos chats respectifs. Un gros matou et un petit filou. Ils ont dû troquer leur vie de pacha et accueillir Charlie à pattes ouvertes. Elle adore les suivre dans tout l’appartement et venir les embêter. Eux, un peu moins ! 

Moi, c’est Julia, j’ai bientôt 34 ans et je suis cheffe d’entreprise. J’ai créé la marque April Please avec Emilie, ma meilleure amie, en 2016. Pour le plaisir de se faire plaisir. Sans arrière-pensée.  

Aujourd’hui, nous avons quitté nos jobs et depuis 2 ans, on se donne corps et âme pour faire grandir notre marque.  

Un beau jour, j’ai appris que j’étais enceinte. J’étais à la fois complètement surprise, heureuse, pétrifiée. C’était un samedi matin. Avec une de mes meilleures amies, on sort de notre cours de yoga et je lui partage mes doutes. J’avais depuis plusieurs jours la poitrine douloureuse et gonflée, chose qui ne m’arrive jamais.  
Aux anges (elle est déjà maman), elle me donne l’élan nécessaire pour aller faire un test de grossesse. Comme nous étions tout près de son appart, j’ai fait le test chez elle. En quelques secondes, les 2 barres sont apparues très très nettement ! Même si au fond de moi je le sentais, le voir sur ce bout de plastique c’est différent. 

Dans la foulée, je l’ai annoncé à Jean-Baptiste un peu maladroitement, en lui tendant le test. Qu’il n'a pas su lire…“Ça veut dire quoi ?” Je ne m’attendais pas à tomber enceinte si vite et lui non plus. Je venais à peine d’enlever mon stérilet.

Mais ce jour-là nous n’avons pas eu le temps de nous poser mille questions. Nous devions soi-disant fêter le baptême de Romy, la fille de mon amie Chloé. Soi-disant car ce dernier s’est transformé en mariage surprise. Quand je vous disais que c’était beaucoup d’émotions pour une même journée !  

Par la suite, j’ai trouvé la grossesse vraiment très dure: physiquement et mentalement. Les premiers mois sont frustrants. Rien ne se voit au début et c’est à ce moment-là qu’on est au plus bas.  J’étais épuisée, fatiguée, sans énergie. Nauséeuse et affamée. Il m’arrivait même de saigner du nez. Je me suis d’ailleurs  demandé comment les femmes faisaient pour avoir un second enfant après ça… 

A partir du cinquième mois, je me suis sentie bien mieux. J’aimais bien ce ventre, j’aimais bien m’habiller pour le mettre en valeur. Je me sentais forte, invincible ! Aujourd’hui, j’ai l’impression de ne pas en avoir assez profité alors que pourtant 9 mois c’est long ! Et on ne va pas se mentir à la fin, on a juste hâte d’en finir.

Jusqu’à… l’accouchement, un moment hors du temps ! Je n’étais plus moi-même lors des contractions. Je me souviens d’une maman qui quittait la maternité et me voyant accroupie dans un couloir m’a dit “ça en vaut la peine courage”. Je pense que c’est une des rares douleurs qui permet d’accéder au bonheur, même si ce n’est pas facile de garder ça en tête sur le coup. Accoucher, c’est animal. Dans le feu de l’action, notre corps sait pousser, c’est instinctif. Et puis il y a la péridurale, des sages-femmes, des gynécologues autour de nous.  

En revanche, une fois chez nous, je me suis sentie complètement perdue et très seule. Je n’étais pas préparée et je ne m’imaginais pas que ça puisse être un tel chamboulement (plutôt un tsunami!) dans ma vie et mes hormones. Tout le monde a des enfants après tout. Je ne comprenais pas pourquoi je réagissais si durement avec moi-même. Si un jour bébé 2 il y a, je sais déjà que je me préparerais mieux. Je trouve que nous ne sommes pas accompagnés en tant que parents.  

On prend pendant des heures des cours de préparation à l’accouchement que l’on n’applique pas du tout sur le moment…  Il faudrait des cours de préparation à la parentalité plutôt !  

C’est très dur de déconstruire tout ce qu’on a mis en place avant qu’un enfant rentre dans sa vie. Je ne parle pas de matériel ici mais de notre personne. La femme que l’on a enfin réussi à être. Celle qu’on a mise tant d'années à façonner et faire grandir. J'ai lutté jusqu’à comprendre que je devais tout reconstruire, à trois.  

Les premiers mois ont été chaotiques. Certaines mamans tombent amoureuses immédiatement de leur bébé. Disent que “c’est comme si, il avait toujours été là”. Pas pour moi. J’ai appris à connaître ce nouveau petit être humain à mon rythme et elle aussi. 

Il faut arrêter de sacraliser la maternité, tous les discours édulcorés sur le sujet me révoltent. À cause de tous ces non-dits, je ne me suis pas préparée (car je ne pensais pas que c’était nécessaire) et j’ai sombré. Je suis aujourd’hui suivi pour une dépression post-partum. 

Chez moi, c’est le psychologique qui a été touché et cela a impacté mon appétit et donc mon poids. Je n’ai pas retrouvé mon poids de forme : je suis maigre ! Je pense qu’il me manque 4 ou 5 kilos... 

Aussi, nous avons quitté Paris ! C’était un souhait qui datait d’avant le confinement, ce dernier a même plutôt ralenti nos plans. Déjà, avant l'arrivée de Charlie, Paris commençait à nous lasser. Le monde, le bruit… j’avais quitté mon job dans la presse, rien ne m’obligeait à rester ici. Après 10 ans dans la capitale, nous avions envie et besoin de ralentir. Charlie a conforté ce choix. On a trouvé un très bon compromis en optant pour Rouen. Niveau organisation, au début, je ne vais pas mentir, je n’y arrivais pas du tout. Tout s’est mis en place lorsque Charlie a pu aller chez la nourrice, elle avait 9 mois. À ce moment-là j’ai retrouvé un vrai rythme de travail et surtout, je pouvais planifier mes venues à Paris, mes rendez-vous. La semaine, c’est April Please et les week-ends sont entièrement dédiés à la vie de famille. Nos parents sont aussi très présents et toujours partants pour nous aider lorsqu’il s’agit de passer du temps avec Charlie. 

Je suis à 1h30 de Saint Lazare en train, c'est idéal pour mes journées de travail là-bas. Nous sommes aussi à 1h des plages normandes en voiture, vivement les beaux jours ! 

Beaucoup d’épreuves qui me poussent à vouloir partager et informer les futures mamans sur la réalité du métier ! Si je devais conclure en quelques mots, ils s’adresseraient à ma fille, je lui dirais que je l’aime à l’infini, que c’est ma plus belle réussite, que j’adore la voir grandir et apprendre chaque jour, que suis fière d’elle ! Ma mission est de lui donner toutes les clés pour qu’elle soit épanouie et qu’elle ait confiance en elle. » 

Julia Maufay

 

MAISON YAYA - Dans la maison de... Julia Maufray

Julia Maufay et sa fille Charlie

MAISON YAYA - Dans la maison de...Julia Maufay

Julia Maufay, son compagnon Jean-Baptiste et leur fille Charlie