Dans la Maison de...Caroline Lestang

Créatrice de contenus mode et lifestyle via son blog PardonMyObsession, Caroline a 32 ans, habite à Paris et raconte avec émotion son entrée dans la maternité. Alors que le monde entier fait face à une crise sanitaire sans précédent… Caroline se questionne sur l’arrivée de son bébé.  

 

MAISON YAYA - Dans la Maison de...Caroline Lestang

Caroline et sa fille Aliénor 

 

“Avec mon mari Brieux, nous habitons à Paris avec notre fille de trois mois Aliénor et notre petit chien Ollie. En avril je reprends mon activité de chirurgien-dentiste. Je suis également créatrice de contenus sur les réseaux sociaux et sur mon blog personnel PardonMyObsession.

Brieux et moi sommes mariés depuis septembre 2019. Nous souhaitions attendre fin 2020 avant de mettre un bébé en route. Nous désirions voyager et profiter encore un peu de la vie à deux. Début mars, j'ai quand même eu quelques doutes. J’ai fait deux tests de grossesse qui se sont avérés négatifs.

Quelques jours plus tard, le confinement est annoncé. Dans la foulée, nous tombons malades. A priori de la Covid, mais à l'époque il n'y avait pas de tests... difficile de poser un diagnostic précis. J’ai paniqué, j'avais des symptômes assez forts contrairement à Brieux. Il a eu quelques jours de fatigue mais s'en est remis rapidement. De mon côté, je me rassurais en me disant que je n’étais pas enceinte. Finalement, je guéris, mais un pressentiment persiste. Je sens mon corps différent. Je décide de faire un nouveau test de grossesse. Brieux trouvait cela inutile puisque les deux précédents étaient négatifs. Et pourtant... Surprise. Positif ! A ce moment-là, je suis partagée entre bonheur absolu et terreur que la Covid ait eu des répercussions sur notre bébé… A l’époque, on ne connaissait rien de ce nouveau virus. 

Le début de ma grossesse a été très compliqué. J’ai mal vécu le confinement, ma première échographie fut un véritable cauchemar. L’échographiste m’a hurlé dessus et mes doutes sur l'avenir dans ce contexte de crise prenaient de l’ampleur dans mon esprit. Sans compter la peur persistante de faire une fausse couche suite à la contraction de la Covid... A partir du troisième mois, mon gynécologue m'a assuré que mon bébé ne risquait rien et que tout allait pour le mieux. A partir de ce moment, j'ai pu vivre ma grossesse sereinement. Tout s'est déroulé (presque) à merveille jusqu'au dernier mois où j'ai commencé à vraiment paniquer ! Je me sentais mal. Je culpabilisais de n'être pas plus heureuse. Je ne voulais même plus accoucher. J’avais peur que ma vie change complètement. Je n'avais pas peur de l'accouchement en soi mais bien de l'après... Peur de ne pas aimer assez ma fille. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de ne pas aimer ma nouvelle vie. Personne ne m'avait prévenu que le 'baby blues' pouvait se déclarer avant la naissance et qu'il était parfaitement normal d'être angoissée par l’arrivée de son bébé !

A 39 semaines de grossesse, je pars à la maternité pour une suspicion de fissure de la poche des eaux. Finalement, je rentre chez moi. C’était une fausse alerte. Je suis rassurée. Je ne me sentais toujours pas prête à être maman. Le lendemain, j'ai de nouveau un doute, je retourne à la maternité. Toujours rien, mais j'écoute mon corps, je reste persuadée que l'accouchement est imminent. Je demande alors à être hospitalisée. J'ai bien fait. Dans la nuit, la poche des eaux s’est enfin fissurée. Je suis mise sous antibio pour que l’on soit en sécurité mon bébé et moi. Moins d'un jour plus tard, la poche se rompt complètement. Je commence alors à ressentir une douleur énorme, indescriptible. Ces deux heures et demi de contractions ont été intenses, animales. Quand, enfin, on m’annonce que je peux avoir la péridurale. Je revis. J'ai un profond respect pour les mamans qui arrivent à accoucher sans anesthésie, pour moi cela aurait été inimaginable.

Mon accouchement fut un rêve absolu. Vraiment! Je n'aurais pu imaginer une plus belle expérience. Après seulement quelques minutes de poussées, le gynécologue nous a demandé à Brieux et moi de tendre notre main. Pour glisser au creux de ces dernières, celle de notre fille. Cette sensation, cette expérience de toucher sa petite main toute chaude avant même de la voir, je ne l'oublierai jamais. Ce fut le moment le plus magique de toute mon existence. Ensuite, la sage femme installe Aliénor sur moi en peau à peau. J'explose de bonheur. Tous mes doutes, toutes mes angoisses s'envolent. Brieux et moi avons ressenti un amour profond et viscéral pour notre fille. Ce séjour à la maternité a été un véritable cocon de douceur. Nous étions sur notre petit nuage !

 

MAISON YAYA - Dans la Maison de...Caroline Lestang

La petite Aliénor

 

De retour à la maison, j'ai ressenti un petit baby blues de quelques jours. Pas de tristesse, mais un déferlement d'émotions, la moindre chose me faisait pleurer. Puis, nous avons naturellement pris nos marques. En cas de stress, j’appelais ma mère, médecin, pour nous rassurer. Nous étions bien entourés. J'ai allaité ma fille jusqu'à ses deux mois. Mon expérience fut mitigée. J'ai adoré partager cela avec mon bébé...Cette connexion incroyable mais, c’était aussi incroyablement fatiguant. La nuit, j'avais des palpitations tellement j'étais épuisée. Je n’ai pas été malheureuse d'arrêter, même si parfois ce lien me manque. L’avantage avec le biberon, c'est qu'elle partage aussi des moments de complicité avec son papa. Il faut profiter de tous ces moments de bonheur et d'amour absolu ! 

 

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Caroline et sa fille Aliénor 
 

Le plus dur, ce sont les nuits. Avant l’arrivée d’Aliénor, je savais gérer le manque de sommeil. Au cours de mes études, j'ai effectué de nombreuses gardes aux urgences, souvent pendant 24 heures d'affilées. Avec un nouveau-né, c'est une autre dimension ! On atteint des sommets de fatigue, et en même temps, on trouve des ressources insoupçonnées en soi. Il faut dire aux jeunes parents que le premier mois est souvent très, très difficile, mais qu'on en voit le bout. Il ne faut surtout pas culpabiliser. Très facile à dire et moins à appliquer, je sais, mais nous les mamans avons tendance à culpabiliser pour la moindre chose... 

Les émotions sont dures à gérer quand on accueille un enfant. Entre amour, fatigue, bonheur, angoisse… Un raz de marré de sentiments si puissants que j'avais peur de faire un baby blues. Heureusement, ça n’a pas été le cas.  

Nous sommes dans une époque particulière. Avoir son bébé en pleine pandémie génère des angoisses supplémentaires. C’est pourquoi il est primordial de véhiculer des valeurs positives à nos enfants. J'aimerais transmettre tellement de choses à ma fille. Pour commencer, je pense au féminisme. C'est très important pour moi. J’aimerai qu’Aliénor grandisse avec ces notions d’égalité. Je souhaite avant tout que ma fille soit heureuse, elle est l’amour de ma vie. C'est tout ce qui m'importe véritablement.”

Caroline Lestang