Dans la Maison de...Aline Latifi

Aline et Vullnet Latifi tombent follement amoureux à Paris. Ensemble, ils voyagent et déménagent au rythme des opportunités professionnelles jusqu’à la naissance de leur premier enfant, la petite Neva, en 2018. 

“Je m’appelle Aline, j’ai 34 ans et je suis franco-allemande. J’ai grandi en Italie à Milan. Mon mari s’appelle Vullnet. D’origine albanaise, il a grandi en Allemagne. Nous nous sommes rencontrés par hasard à Paris. Notre amour a été une évidence. Nous avons vécu un vrai “love at first sight” (Le coup de foudre). Nous avons emménagé ensemble après 2 mois et demi de relation. On s’est fiancé après 8 mois et, mariés, au bout d’un an. Notre histoire a été très rapide. Tout était parfait. Je n’ai jamais hésité. C’était vraiment le grand amour entre nous deux. Rapidement, nous sommes partis vivre à Stockholm pour le métier de Vullnet. J’ai passé 13 années à l’étranger, puis, il y a deux ans et demi, nous avons eu une petite fille, Neva. Elle est née en Allemagne, où nous avons définitivement posé nos valises à Berlin l’année dernière. C’était une décision liée à l’arrivée de notre bébé. C’est compliqué de déménager avec un enfant, sans compter la situation actuelle du coronavirus.

Dans notre couple, c’était en premier Vullnet qui a eu l’idée d’avoir un bébé. Moi, travaillant dans la beauté et dans la mode, je ne connaissais pas beaucoup les enfants. Presque personne dans mon entourage n’était parent. A l’époque, j’étais dévouée à mon travail. J’adore travailler. Bien que j’avais déjà trente ans, je me sentais encore très jeune. J’avais le temps. Mon mari vient d’une grande famille. C’était normal pour lui d’y songer. Il m’a donc proposé. J’ai tout de suite pensé que c’était une très belle idée. J’ai arrêté la pilule et je suis directement tombée enceinte. Je continuais à beaucoup travailler. Je voyageais énormément. Je prenais l’avion deux à trois fois par semaine. Quelques jours après un vol à Los Angeles, j’ai eu des saignements. J’ai perdu le bébé au début du troisième mois. Je ne sais pas si les allers retours en avion sont la cause de cette interruption de grossesse mais j’ai eu très peur. Même si cette fausse couche s’est déroulée sans complications, j’étais très triste. Deux mois plus tard, nous avons essayé à nouveau de faire un bébé. Je suis retombée enceinte et c’était Neva cette fois-ci !

Ma grossesse s’est bien passée dans le sens où le bébé allait très bien. Cependant, moi, pendant le premier trimestre, j’étais très très mal. J’avais beaucoup de nausées. C’était horrible. Je ne peux même pas vous décrire à quel point... Pendant ma grossesse, j’ai fait très attention à ne pas prendre de produits chimiques. Je mangeais sainement. J’ai même fait du sport. Je n’avais pas peur car je sentais que cette grossesse était différente de la première. J’étais très positive même si j’ai fait attention à éviter toute conduite à risque. D’après mon état d’esprit, je voulais un accouchement naturel, bio, sans médicament, sans péridurale. Neva est née pile le jour du terme, à la “due date”. Ça a été assez long, environ dix-sept heures de travail. J’ai vraiment regretté, après coup, de ne pas avoir demandé d’anesthésie. Si je dois recommencer cette expérience, je la demanderai ! C’est certain  !

A l’arrivée du bébé, j’ai eu l’impression de ne plus avoir de vie à moi. Je ne pouvais plus quitter la maison seule. Or, je suis une personne très indépendante et j’ai besoin d’énormément de liberté. Cet aspect de la vie de maman m’a beaucoup bouleversée. Avant, j’avais pour habitude d’être continuellement en action, souvent à l’extérieur. Je rentrais chez moi avant tout pour dormir. Je dînais beaucoup dehors. Quand tu as un bébé, tout change. Tu es comme scotché à la maison. Pour des personnes plus casanières, cela doit être moins dérangeant. Me concernant, j’ai eu parfois l’impression de ne plus exister. Je n’ai pas eu de baby blues. J’allais très bien, j’étais très heureuse avec mon bébé mais le premier hiver, je me suis quand même sentie enfermée. J’ai allaité ma fille jusqu’à ses un an. Une magnifique expérience mais cela rendait mes déplacements plus compliqués bien sûr. Tu ne peux pas la nourrir partout. Par exemple, au mois de février quand il fait froid, on est mieux à la maison...

 

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Aline Latifi et sa fille Neva

 

Mes amis m’ont donné un précieux conseil, que je souhaite transmettre à mon tour. Il ne faut pas hésiter à faire attendre les gens qui souhaitent rencontrer le bébé dès la sortie de la maternité. Pendant les premières semaines, j’étais épuisée après l’accouchement. Personnellement, les visites m’ont beaucoup perturbées. Il ne faudrait permettre qu’à la famille proche de venir et faire attendre les autres. C’est mieux de recevoir quand la fatigue et les douleurs sont atténuées. 

Ma relation avec Neva est vraiment très belle. Je m’en occupe beaucoup. J’ai dégagé beaucoup de temps pour être auprès d’elle car son papa a un travail qui l’accapare beaucoup. Aujourd’hui, avec mon nouveau poste en Maison, la répartition des rôles est en train de changer. Les cartes sont redistribuées. Mon mari m’aide au mieux. Il adore jouer avec elle. Moi, je m’occupe davantage du reste. Parfois, Vullnet est peiné de ne pas pouvoir profiter plus de Neva. Nous essayons, cependant, de passer un maximum de temps tous les trois.

J’ai commencé ma vie professionnelle à Milan, la ville où j’ai grandi. J’ai travaillé pour une correspondante de mode où j’y ai découvert les relations publiques. Cela m’a tout de suite beaucoup plus ! Je suis ensuite partie à Vienne pour faire des études en communication. J’ai ensuite intégré l’agence Karla Otto à Paris, un bureau de presse spécialisé dans la mode et le luxe. J’y suis restée presque cinq ans. J’ai ensuite travaillé chez Filorga à Paris, puis je suis partie en Suède où j’ai travaillé pour une autre grande marque de beauté. Arrivée à Berlin, aucune entreprise n’avait l’air de me correspondre vraiment. J’ai alors décidé de me mettre à mon compte. Cela s’est fait facilement et naturellement avec plusieurs de mes anciens clients qui m’ont conseillé auprès d’autres marques. Tout récemment, je me suis engagée dans une Maison d’accessoires et de chaussures qui me plait énormément. J’ai un poste international. Je gère les relations publiques et la communication pour la marque au niveau mondial.

Les deux grands axes de notre vie sont le travail et Neva. L’équilibre est toujours à trouver. Quand on a une famille, je pense qu’il faut essayer de travailler un petit peu moins et de ne pas forcément suivre les collègues qui n'ont pas d’enfants. Ils peuvent se permettre de rester tard le soir, mais nous, nous ne pouvons pas. Je pense qu’il faut être stricte et ne pas se stresser avec les choix des autres. Il faut faire son propre chemin. C’est aussi très français de vouloir accumuler les heures de présence. En Suède par exemple, c'est différent. Les gens quittent le travail assez tôt pour retrouver leurs familles !

Parfois, je suis étonnée quand j’entends des parents avec de jeunes enfants qui arrivent parfaitement à concilier vie professionnelle, vie de famille et vie personnelle. Ils trouvent le temps de travailler, de s'occuper de la maison, des enfants, d’aller à une exposition... Une journée n’a que vingt-quatre heures. Très honnêtement, avec un enfant en bas âge, quand tu passes tes nuits à côté de son berceau et que tu es fatiguée…. Tu n’as plus tellement envie de faire des soirées... Vullnet et moi sortons rarement chacun de notre côté avec nos amis respectifs. Nous aimons être tous les deux et nous ne ressentons pas tellement le besoin de faire des choses séparément. On s’adore. Après cinq ans de relation, nous passons tout notre temps libre ensemble.

Avoir un bébé change la donne. Pour les vacances, on ne cherche plus les beaux hôtels boutique mais ceux qui acceptent les enfants (rire). Nous adorons partir avec des couples d’amis qui sont aussi parents. Le rythme est le même. Je pense qu’il ne faut pas se mettre la pression pour redevenir la personne que nous étions avant. Nous ne sommes plus la même personne. Nous évoluons. Nous avons de nouvelles responsabilités et moins de temps pour nous. Nous ne sommes plus parfaites !

J’aimerais transmettre à ma fille la douceur et la gentillesse. Je souhaite qu’elle devienne une quelqu’un que l’on respecte et qui respecte énormément les autres.  Qu’elle mène sa vie de la manière dont elle le souhaite. Qu’elle soit heureuse dans ses choix.

Enfin, j’aimerais qu’elle sache que tout est possible dans la vie. Son papa est arrivé en Allemagne à 15 ans. Il était réfugié. Sa famille n’avait plus rien. Aujourd’hui, il a une très belle carrière. J’aimerai donc qu’elle en prenne conscience un jour et qu’elle n’oublie pas son histoire. Moi non plus, je n’avais aucun contact dans la mode avant d’y travailler. Je viens d’une famille traditionnelle et j’ai moi-même créé ma propre carrière. Personne ne nous a livré la vie sur un plateau. C’est nous-même qui nous sommes construits. J’aimerai qu’elle soit optimiste et qu’elle n’oublie jamais que tout est possible dans la vie.”

Aline Latifi

 

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Aline Latifi et sa fille Neva